par Sergyl Lafont. 15 mai 2026 sur Linkedin
🤔 La proposition de loi Falorni sur l’aide à mourir sera probablement examinée dans les prochaines semaines à l’Assemblée nationale. Avant de voter, regardons ce qui s’est passé en Belgique.
En Belgique, l’exception est devenue la norme. L’euthanasie n’y est plus un dispositif marginal de fin de vie. C’est une pratique installée, assumée, banalisée. En 2025 : environ 4 500 euthanasies par an. Près de 4 % des décès.
Mais le vrai sujet n’est pas le chiffre. C’est ce qu’il raconte dans le temps long. Un dispositif pensé pour des cas « exceptionnels » ne reste jamais figé. Il s’étend. Il se normalise. Il change de sens sans changer de texte.
Une infirmière en soins palliatifs me confiait récemment : « Ce qui me préoccupe, c’est moins la loi elle-même que la pression silencieuse qu’elle peut faire peser sur les plus fragiles. »
Car un droit ne s’exerce jamais abstraitement. Il s’exerce dans la fatigue. Dans la dépendance. Dans l’isolement. Dans la peur d’être un poids. Et alors la question devient inévitable : un droit à mourir peut-il, progressivement, devenir une pression à disparaître ?
La vraie ligne de fracture n’est pas entre « pour » et « contre ».
Elle est entre deux visions de la fraternité. L’une consiste à supprimer la vulnérabilité. L’autre consiste à l’accompagner — sans jamais l’abandonner.
C’est là que se joue, silencieusement, notre choix de civilisation.
🥰 Le Bon Samaritain (d’après Delacroix), Vincent van Gogh, 1890 — ou comment la fraternité commence par un geste concret envers celui qui tombe.
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