Par Sergyl Lafont.
Dans 48 heures, lundi 11 mai, le SĂ©nat se prononcera sur la lĂ©galisation de l’aide Ă mourir.
Ce vote ne portera pas seulement sur un dispositif. Il engagera une certaine idée de notre civilisation.
Notre droit affirme encore ceci :
« L’enfant, Ă tout Ăąge, doit honneur et respect Ă ses pĂšre et mĂšre » (article 371 du Code civil).
Ce principe n’est pas symbolique. Il rappelle que nous ne sommes pas des individus isolĂ©s, mais des ĂȘtres liĂ©s â par ce que nous avons reçu, et par ce que nous nous devons.
Or, il n’existe pas de dĂ©cision de fin de vie « abstraite ». Elle se prend dans la dĂ©pendance, la fatigue, la peur de peser sur ses proches.
Introduire, dans ce contexte, la possibilitĂ© de « choisir sa mort », ce n’est pas seulement ouvrir un droit : C’est modifier un Ă©quilibre humain fragile.
L’expĂ©rience invite Ă la prudence. Partout oĂč ce pas a Ă©tĂ© franchi, les critĂšres Ă©voluent, les pratiques s’Ă©tendent. Ce qui devait rester une exception tend Ă s’inscrire dans la durĂ©e.
Dans le mĂȘme temps, l’accĂšs aux soins palliatifs reste inĂ©gal sur notre territoire. Ce constat devrait fixer une prioritĂ© claire : Garantir dâabord lâaccompagnement, partout, pour tous.
Aucune loi n’imposera jamais de mourir. Mais certaines peuvent faire naĂźtre, chez les plus fragiles, le sentiment qu’ils pourraient ĂȘtre « de trop ».
Ce risque est rĂ©el. Il doit ĂȘtre assumĂ©.
Le courage politique n’est pas toujours d’ouvrir. Il est parfois de tenir :
⊠Assurer effectivement les soins palliatifs pour tous. ⊠Protéger sans ambiguïté les plus vulnérables. ⊠Ne pas introduire une rupture dont nous ne maßtriserons pas les effets.
Parfois, diffĂ©rer n’est pas fuir. C’est choisir de protĂ©ger ce qui compte encore.
« Porter ceux qui nous ont portĂ©s : l’essence mĂȘme de notre pacte social. »
Sergyl Lafont
(Illustration : Enée, Anchise et Ascagne, sculpture de Gian Lorenzo Bernini)
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