Par Michel Janva le 14 avril 2026 dans Le Salon Beige.
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
A mesure que l’État devient plus impotent – et plus hostile aux Français qu’il est supposé servir –, il se dote de prérogatives toujours plus intrusives dans nos vies.
C’est ainsi que le sénat a adopté, le 9 avril, un texte déjà voté par l’Assemblée sur le « devoir conjugal ».
Une bonne partie de la droite sénatoriale n’a pas pris part au vote mais le texte a été largement adopté, à la faveur de cette sorte d’unanimisme entourant généralement les « bonnes causes progressistes ». Avec le soutien du gouvernement et de la majeure partie des parlementaires (du moins ceux qui prennent part au vote), il ne fait guère de doute qu’il ait bientôt force de loi.
Ce texte est, à l’origine, une proposition de loi de la députée EELV Marie-Charlotte Garin et du député Horizons Paul Christophe. Il a manifestement suscité l’enthousiasme de l’inénarrable girouette Aurore Bergé, actuellement « ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes », selon la novlangue en vigueur.
Pourtant, ce texte ne servira à rien: le « devoir conjugal » n’existant dans aucun texte de loi, il est absurde d’imaginer le supprimer. Tout ce que l’on peut trouver dans les textes est une jurisprudence considérant que l’absence prolongée de rapports sexuels sans motif légitime est un cas de divorce – ce que notre nouvelle loi progressiste ne semble pas contester.
Bref, aucun devoir n’a été supprimé, aucun droit n’a été créé. En revanche, une nouvelle fois, nous avons autorisé Big Brother à entrer dans nos chambres à coucher. Je me demande souvent ce qui passe par la tête de nos « chers » parlementaires, quand ils votent ce genre de loi fumeuse.
En tout cas, ce qui est certain, c’est qu’en l’occurrence, ils n’ont pas fait progresser d’un iota la dignité de la femme, mais ils auront soumis la vie sexuelle de l’ensemble des Français au contrôle étatique. Ce qui est troublant, c’est que ce modèle de loi de plus en plus attentatoire à notre vie privée, doublé d’un État de plus en plus inefficace, semble se répandre en tout domaine.
Pour en donner un exemple, quittons un instant le Code civil afin d’observer l’éducation. Là aussi, l’État est de plus en plus inefficace: chaque année apporte son lot de mauvaises nouvelles sur l’effondrement du niveau de la France en mathématiques ou en français. Les principes d’un redressement sont bien connus et extrêmement simples : il suffit de restaurer une forme de sélection, d’encourager le travail, et de ne pas faire semblant de croire que tous les élèves sont faits pour des années d’études supérieures. Au lieu de quoi, le ministère dit par antiphrase « de l’Éducation nationale » détruit méthodiquement, à chaque changement de programme, tout ce qui reste encore debout. Mais, surtout, ledit ministère se croit investi de la mission d’apprendre aux enfants de 4 ans comment changer de sexe ou multiplier les expériences sexuelles. En d’autres termes, si nous poursuivons dans cette géniale direction, nous aurons bientôt 100 % d’une classe d’âge détentrice du bac (preuve que le niveau monte!), les mêmes 100 % de cette classe d’âge qui ne sauront ni lire, ni écrire, ni compter – mais qui sauront nommer dès la maternelle toutes les perversions imaginables.
Je ne vois qu’une interprétation rationnelle possible: l’objectif n’est nullement de former à l’esprit critique ou à la connaissance des classiques, mais bel et bien de dresser un troupeau de veaux obéissants au service de nos merveilleux oligarques.

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