par Sergyl Lafont – 28/2/2026.
Mercredi dernier, lâAssemblĂ©e nationale a adoptĂ© en deuxiĂšme lecture la loi sur lâaide Ă mourir. Un scrutin serrĂ© qui rĂ©vĂšle une rĂ©alitĂ© politique majeure : sans l’apport massif du groupe La France Insoumise (LFI), ce texte aurait Ă©tĂ© rejetĂ©.
đ L’arithmĂ©tique d’un vote dĂ©cisif
Le résultat global affiche 241 voix pour et 225 voix contre.
Au sein du groupe LFI, la mobilisation a été quasi totale : 62 voix pour et seulement 1 voix contre.
Le calcul est sans appel : sans les 62 suffrages favorables de LFI, le camp du « Pour » tombait Ă 179 voix. Le projet de loi aurait donc Ă©tĂ© REJETĂ par une majoritĂ© de 45 voix. Câest donc bien la gauche radicale qui a permis l’adoption de ce texte, malgrĂ© les fractures qu’il crĂ©e.
đ Une contradiction absolue avec les valeurs « Insoumises »
Ce soutien massif interroge sur la cohĂ©rence d’un mouvement qui se veut le bouclier des plus fragiles. Comment concilier ce vote avec la dĂ©fense historique des services publics et de la dignitĂ© sociale ?
đ€ Le soin sacrifiĂ© sur l’autel de l’Ă©conomie : LFI dĂ©nonce sans relĂąche l’austĂ©ritĂ© Ă l’hĂŽpital. Pourtant, voter pour l’aide Ă mourir sans garantie d’un « droit opposable » aux soins palliatifs (supprimĂ© des dĂ©bats), c’est accepter que la mort devienne une solution par dĂ©faut face Ă la pĂ©nurie de moyens. Proposer la mort quand on ne garantit pas le soin, c’est un abandon de l’Ătat.
đ€ La menace sur les « vies prĂ©caires » : Le programme « LâAvenir en Commun » prĂŽne la protection des seniors. En instaurant cette loi, on expose les plus dĂ©munis â ceux qui n’ont pas accĂšs aux rĂ©seaux de soins les plus performants â Ă une pression sociale insidieuse : celle de ne plus ĂȘtre un « poids » pour la collectivitĂ© ou leur famille.
đ€ Le risque du validisme : En ouvrant cette brĂšche, on fragilise la position des personnes en situation de handicap. On suggĂšre implicitement qu’il existe des vies « moins dignes » d’ĂȘtre vĂ©cues, au lieu d’exiger une solidaritĂ© nationale inconditionnelle et un accompagnement humain sans faille.
đ€ Un « progrĂšs » qui exclut les plus vulnĂ©rables
Peut-on parler de « libertĂ© de choix » quand l’Ătat dĂ©missionne de sa mission de soin ? LFI ne vote pas pour une Ă©mancipation, mais pour une gestion utilitariste de la fin de vie.
La véritable radicalité sociale consisterait à exiger que personne ne se sente obligé de demander la mort par manque de présence, de dignité matérielle ou de soulagement de la douleur.
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đ€ Euthanasie : la fausse libertĂ© dâune sociĂ©tĂ© qui renonce Ă la solidaritĂ©
Tribune – 22 fĂ©vrier 2026
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L’HumanitĂ©

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