Peut-on encore vivre ensemble?

Faire des remous dans le marigot permet de se faire remarquer à peu de frais, et les invectives vulgaires font monter l’audimat et permet d’attirer les caméras des chaines de télévision sur soi.

Ce type d’initiative nous conduit dans un monde ou l’échange disparait au profit de la violence, ou l’on ne sait plus à quoi sert l’ Assemblée nationale avec ses parlementaires rémunérés par le contribuable dont certains se conduisent comme aucun employé d’ une entreprise digne de ce nom pourrait se le permettre, sous peine de se faire virer.!

N’ayant plus le choix, et ne trouvant plus de dirigeants dignes de les représenter, aujourd’hui, plus de la moitié des français refusent d’aller voter, y compris pour des élections majeures engageant l’avenir du pays . Ce rejet bien compréhensible fracture la France et fait les beaux jours des partis éxtrèmistes qui abondent en propositions simplistes et utopiques auxquels eux-mêmes ne croient pas, mais qui peuvent séduire, et on peut les comprendre, des français à bout n’arrivant plus à boucler les fins de mois, et qui, n’en pouvant plus, sont prêt à suivre n’importe quelle promesse mensongère.

Notre école n’enseigne plus le vivre ensemble depuis longtemps, faute de véritable projet éducationnel permettant, dans une France multiculturelle, de se comprendre et de s’écouter avec attention. Nos débats ont perdu le sens des nuances, ces nuances si essentielles à tout débat démocratique de qualité afin de pouvoir se comprendre. Rien n’est blanc, rien n’est noir: tout appartient à des nuances variées de gris, et tout est là. Il n’y a pas un monde binaire, avec mon petit « moi » qui détient la vérité, et mon interlocuteur transformé arbitrairement en adversaire absolu qui serait dans l’erreur totale, mais il y a seulement deux personnes qui ont des idées divergentes, avec des domaines de convergence à partir desquelles on peut construire, et des éléments qui divergent d’avantage qu’il convient d’approfondir pour aller jusqu’à la racine de nos opinions. Seulement, voilà: encore faut-il une volonté de dialoguer en prenant tout son temps, en demeurant calme et posé, avec au fond de soi un peu, et même beaucoup, d’humilité. Cette humilité qui fait tant défaut dans notre monde médiatique qui dope et drogue l’EGO avec ses paillettes étincelantes qui hypnotisent le regard de tous, dans une immédiateté, oh combien artificielle et éphémère, qui nous transforme en machine de guerre agressive et déshumanisée. Ne pouvant plus véritablement gérer les affaires de la France dans de bonnes conditions, faute de calme, de temps de réflexion, et de désirs de travailler sur une stratégie de renouveau qui nécessite obligatoirement du long terme, nos gouvernants vont au plus pressé pour tenter de colmater les brèches du navire qui prend l’eau de toute part, miné par les dettes, l’absence de politique audacieuse et courageuse dans des domaines aussi essentiels que l’énergie, la santé, l’éducation, la justice, la défense, la culture etc…

Que faire? Rien ne sera possible sans un peuple éduqué et formé au respect et à l’écoute d’autrui, dans une attitude humble et bienveillante: voilà ce qui est plus qu’urgent d’enseigner à l’école. Aucune politique ne peut porter ses fruits si le peuple n’est pas formé dés l’enfance aux vertus de base, que sont l’humilité ,le respect, l’écoute attentive d’autrui et l’accueil de la différence. Cela nécessite une politique culturelle ambitieuse, car seul le beau et l’art permettent l’ élévation de l’âme qui permet de demeurer ce que nous sommes au fond de nous: des êtres de chair et de sang en quête de sens dans l’existence, et non des algorithmes sur pattes comme les GAFAM souhaiteraient nous le faire croire, afin d’accroître sans cesse un business dévastateur sortie tout droit de la boîte de Pandore.

Voilà: le remède à nos maux n’est pas l’apanage de tel ou tel parti qui promet des lendemains qui chantent.

Il nous faut faire l’effort de nous réhumaniser, de nous reconstruire avec courage et persévérance: voila la responsabilité de chacun de nous. Agir là ou nous sommes, avec comme seul outil la prise de conscience de la nécessité dans laquelle nous sommes d’avancer sur la voie du calme, du beau, de l’art; c’est à dire, en en définitive, la voie du coeur… faute de quoi, nous poursuivrons notre descente aux enfers de la haine, du chacun pour soi, de l’ignorance et de l’absence d’amour dans une humanité crépusculaire.

La Reproduction interdite  René Magritte.  1937.

4 réponses à « Peut-on encore vivre ensemble? »

  1. Merci Sergyl, je suis d’accord. J’ajouterais qu’il est urgent de retisser ce lien ombilical qui nous relie à la nature, cette nature dont nous faisons partie intégrante. Ce serait d’une part un gage d’humilité devant plus grand et plus puissant que nous, et d’autre part une manière de réapprendre à distinguer et à s’émerveiller de la beauté et de la singularité des espèces et des paysages qui nous entourent. Puisqu’on respecte et protège en priorité ce qu’on aime et qu’on n’aime que ce qu’on connait.
    L’école a un grand rôle à jouer, la parentalité et la grand-parentalité aussi dans cette nécessité de léguer au monde des enfants « bénévolents » dont le cœur soit plus rempli d’amour que de haine, et l’intelligence tournée vers l’absolu priorité de tisser et retisser des liens au lieu de chercher à s’enrichir matériellement plus que ses voisins.

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    1. Merci beaucoup, Catherine, pour votre message auquel j’adhère complétement. Oui , j’aurai du ajouter le rôle essentiel de la nature et de la nécessaire proximité; de même que le respect des grands-parents et des parents etc…
      Comme je trouve que votre commentaire complète très bien mon texte, je vous invite à publier votre commentaire sur mon mur ,si cela ne vous dérange pas? je vous souhaite un très agréable dimanche!

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  2. Avatar de Bernard BELLEDENT
    Bernard BELLEDENT

    J’ajouterai à votre chronique, retrouver aussi la justice. Cette justice que l’on nous enseignait à l’école , justice au travail, justice dans la société… Aujourd’hui c’est le monde de l’injustice qui prône, l’argent est devenu le maître, reconnaissance du travail , du mérite et non celui du paraître, de la communication, du mensonge, de la manipulation pour arriver au pouvoir et à l’argent. Retrouver nos valeurs républicaines : liberté – égalité – fraternité

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    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire auquel ‘adhére.
      Oui, j’aurai du ajouter quelques lignes sur la justice, car il est vrai que le travail et le merite ne dont pas reconnu à leur juste place dans notre monde.
      Cordialement,
      Sergyl Lafont

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