Le réel, c’est quand on se cogne!

 » c’est là seulement le réel ; quand on se cogne, le réel, c’est l’impossible à pénétrer. » 
Jacques Lacan
Notre imagination nourrit notre EGO, ce magicien qui nous abuse en permanence!
Quand notre imaginaire nous dicte des actes incompatibles avec la réalité, cette dernière, fort heureusement nous alerte .
Par exemple, nos affirmations erronées peuvent être contredites; on croit connaître quelqu’un, et l’on a de mauvaises surprises; ou bien on se lance dans une activité incompatible avec notre condition physique..etc .. Si l’on n’écoute pas les messages du réel, « on se cogne » et si l’on persévère, cela finira mal !
Etre attentif au réel est une nécessité, mais n’est pas chose aisée, car notre EGO tente de nous distraire pour que nous puissions nourrir notre orgueil.
Si la prudence nous invite à coller au réel, affronter ce dernier peut être inconfortable, aussi apprendre du réel demande souvent un courageux travail sur soi. Si nous refusons ce travail, on se « cogne » de plus en plus fortement.
L’école du réel exige d’accepter des gênes pour prévenir de plus graves conséquences . N’est-ce pas là signe de sagesse? Travailler quand on n’en a pas envie évite d’échouer aux examens; faire du sport évite des problèmes de santé..etc.
C’est notre combat quotidien: accepter les désagréments pour ne pas se « cogner » trop fort!

Avec la crise climatique, nous avons une illustration de ce précepte; en effet, notre insensibilité aux avertissements de la nature nous ont conduit a des problèmes dont la prise en charge exige des contraintes beaucoup plus sévères que le désagrément des actions nécessaires que nous avons trop longtemps négligées!
Ce qui est vrai à titre individuel est vrai pour une communauté de la même façon, cependant, une prise de décision pour une action collective est alors, beaucoup plus complexe à entreprendre!
L’apprentissage de la modération est-il envisageable à l’échelon planétaire? Au regard du monde, les difficultés semblent insurmontables.
Cependant, devant une menace mortelle commune, l’angoisse peut unir les hommes… ou exalter leur agressivité:  » Quand il n’y a plus d’avoine, les chevaux se battent dans l’écurie » dit le proverbe. Survivre par une action collective, ou périr dans un chaos planétaire, tel est le dilemme qui se présente à l’humanité.
L’exaltation de la « toute puissance » et l’anéantissement, ou la voie de l’altruisme et la survie: le passage de l’avoir à l’être semble notre seule issue.

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