Cette souffrance qui ouvre notre coeur.

« Le déplaisir est le seul moyen éducatif efficace »
Sigmund Freud.

Les souffrances de notre vie nous semblent pour le moins, inutiles, pourtant, elles sont des éléments nécessaires dans l’éducation .
Puis-je faire preuve de compassion face à la souffrance d’autrui, sans expérience? Ne dois-je pas partager un vécu proche du sien, et dans mon corps? Si j’ai partagé un vécu douloureux comparable, je pourrais l’écouter avec une toute autre oreille! Si mon histoire fait écho à la sienne, je serais plus pertinent qu’avec de simples informations.!
Quelque soit mon « QI « , rien ne saurait remplacer mon histoire pour comprendre autrui: la mémoire de mon corps est clé.

La nécessité de l’incarnation a des conséquences fondamentales dans nos rapport avec la hiérarchie du monde du travail, et avec nos gouvernants.
Puis-je diriger une population, si son expérience est étrangère à mon histoire, c’est à dire celle de mon corps?.. représenter des boulangers, si j’ignore tout du pain, son travail etc.? Un connaissance livresque est-elle suffisante?
Si je n’ai jamais fait l’expérience de la pauvreté et des souffrances divers qui lui sont liées, ne vais-je pas rester inefficace dans mes actions auprès des personnes en état de précarité, et ne pas toucher leur coeur?
Nos capacités d’expérience étant limitées, nous ne pouvons pas, bien sûr, demander à nos dirigeants d’avoir tout vécu, cependant je préfère avoir un directeur qui partage avec moi une expérience de mon travail, à un universitaire « hors-sol ».
Globalement, notre monde politique manque cruellement d’ »incarnation », et de vécu commun avec le peuple ! L’absence de vécu partagé avec la majorité des français rend depuis longtemps les discours de nos élus surréaliste et la communication véritable impossible.
L’école de la souffrance ne peut exister, et pourtant elle nous rappelle notre fragilité, nous éduque au courage, à la persévérance, comme peut le faire le sport, et nous pousse à l’apprentissage de la résilience.
En vérité, tout apprentissage implique un effort et une souffrance spécifique, car supporter les échecs et les corrections met notre EGO à l’épreuve et renforce notre humilité et notre capacité de patience, si nous savons en retenir les leçons.
La souffrance physique est nécessaire à l’éducation du corps.
Pour les chrétiens, l’incarnation de Dieu renforce sa proximité et sa communion avec les humains, par l’expérience commune de la douleur concrétisée par le supplice de la Croix.
Communiquer demande une gestuelle, une corporalité souvent témoin d’un vécu commun: le développement du télétravail, par exemple, n’est-il pas un obstacle majeur pour cela?

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