Homélie Mgr Aupetit: 11 avr. 2026
« L e pauvre Thomas, il entend un témoignage. Vous savez, il était plein d’espérance, hein. Il avait dit avant la Passion : « Montons avec lui et mourons avec lui. » Et puis on sait ce qu’il a fait : il a abandonné Jésus. Donc, voyez, son espérance s’est transformée en déception. On n’a pas envie d’être déçu deux fois, hein. Ça c’est clair, personne. Voilà.
Donc il n’accueille pas le témoignage de ces personnes pourtant en qui il a confiance, ce sont ses compagnons, hein. Et bien voilà, je me dis que nous, notre foi ne repose que sur des témoignages après tout. Des témoignages de gens qui, finalement, ont tous abandonné le Christ, oui, mais qui, après l’avoir abandonné, ont tous donné leur vie pour lui quand ils l’ont vu ressuscité. On ne donne pas sa vie pour un fantasme. Et donc c’est un témoignage qui est crédible parce que ces hommes, qui sont pas si courageux que ça puisqu’ils l’ont abandonné, ont été capables de donner leur vie une fois qu’ils l’ont vu ressuscité. Quel témoignage ! C’est un témoignage qui est crédible.
Et puis vous savez, la question de voir… Nous, on voudrait bien voir Jésus effectivement. Mais les gens nous disent — et puis ces jeunes dont je m’occupais quand j’étais aumônier de jeunes de lycée, ils me disaient : « Moi je ne crois que ce que je vois. » « Ah bon ? » J’ai dit : « Vous croyez que ce que vous voyez ? » Et ben du coup, je les ai emmenés, figurez-vous, au musée de la magie. Bah oui, au musée de la magie ! Et là, tout est illusion. Ils sont montés sur scène, on leur a fait des choses incroyables et j’ai dit : « Alors, vous croyez vraiment ce que vous voyez ? Vous ne croyez que ce que vous voyez ? À mon avis, ce que vous voyez c’est pas forcément crédible, hein… Bon, et bien maintenant on va aller ailleurs. »
Donc je les ai emmenés à une église où je savais qu’il y avait des religieuses en prière, en adoration devant le Saint Sacrement. J’ai dit : « Ben voilà, qu’est-ce qu’on voit là ? » « Bah on voit un morceau de pain et puis des religieuses à genoux devant un morceau de pain. » C’est bizarre, non ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Et bien ça veut dire, voyez, que ces religieuses, elles, elles voient ce qu’elles croient. Eh, c’est pas du tout pareil ! Elles voient ce qu’elles croient. Elles croient que ce morceau de pain c’est le corps de Jésus. Elles croient que c’est Jésus qui est présent. Voilà pourquoi elles sont à genoux.
Vous voyez, je sais pas si c’est meilleur de ne croire que ce qu’on voit ou de ne voir que ce que l’on croit. Ça change tout dans nos vies. Et vous voyez, je crois que Thomas fait ça aussi, cette expérience, parce que, c’est sûr, qu’est-ce qu’il voit ? Il voit Jésus ressuscité, c’est extraordinaire. Mais alors pourquoi tombe-t-il à genoux en disant : « Mon Seigneur et mon Dieu » ? Ce n’est pas Dieu qu’il voit, c’est Jésus ressuscité. Et bien c’est un acte de foi, voyez. Là maintenant, il voit plus loin que ce qu’il voyait, c’est-à-dire qu’il s’est mis à croire vraiment ce qu’il voit, et il voit aussi maintenant ce qu’il croit. Amen. »

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