par Sergyl Lafont Dimanche 5 avril 2026.
Alors que les cloches de Pâques célèbrent la victoire de la Vie sur le néant, le Parlement s’apprête à délibérer sur une « aide active à mourir ». Sous ce terme feutré, véritable euphémisme d’une « novlangue » contemporaine, se cache un basculement redoutable : nous confondons désormais la liberté avec une maîtrise technique qui ne dit pas son nom.
Dans une société ivre d’efficacité, ce projet de loi impose silencieusement une vision ultra-matérialiste de l’existence. On voudrait gérer le trépas comme un planning, réduisant l’être humain à un simple objet dont on évalue la rentabilité ou l’absurdité. Mais la dignité n’est pas un capital que l’on dilapide avec l’autonomie. Elle n’est pas une performance de bien-portants ; elle est ce qui subsiste quand tout le reste abdique. Pâques nous rappelle que la valeur d’une vie ne dépend ni de son utilité sociale, ni de son confort sensoriel. Elle est un mystère intouchable qui échappe aux critères économiques de l’État.
Proposer la mort comme remède à la détresse, c’est transformer la compassion en abandon et ériger le vide en dogme. Beaucoup de demandes de fin de vie ne sont que le cri d’une solitude qui s’ignore ou la crainte de devenir un « poids » pour ses proches. Répondre par un geste létal, c’est valider ce sentiment d’inutilité. C’est substituer la « culture du déchet » au principe fondamental de fraternité qui devrait consister à secourir, et non à éliminer.
Le véritable enjeu n’est pas de légiférer sur le vide pour masquer notre impuissance, mais de garantir à chacun la sécurité émotionnelle d’un accompagnement réel. Avant d’ouvrir la porte à l’irréversible, ne devrions-nous pas assurer l’accès de tous aux soins palliatifs ? Soigner n’est pas seulement guérir ; c’est d’abord ne pas déserter. La blouse blanche ne doit pas devenir le linceul de l’éthique au service d’une philosophie nihiliste.
Choisissons une civilisation de l’accompagnement plutôt qu’une société qui s’habitue à considérer certaines vies comme devenues inutiles. Toute vie mérite d’être honorée, protégée et accompagnée jusqu’à son terme naturel.
Le Christ est mort pour vaincre la sinistre culture de mort qui nous environne aujourd’hui : en ce Saint jour de Pâques, nous savons que la victoire est certaine !

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