đŸ€” ⚖ Fin de vie : L’Ă©thique du soin n’a pas de couleur politique

par Sergyl Lafont

Je suis frappĂ© de voir Ă  quel point le dĂ©bat sur la fin de vie est systĂ©matiquement rĂ©duit Ă  un affrontement binaire entre « progressistes » et « conservateurs ». Pourtant, la rĂ©alitĂ© du terrain et la gravitĂ© des enjeux dĂ©passent largement les clivages de droite ou de gauche. La protection de la conscience soignante et le refus d’une mort administrĂ©e ne sont pas des postures partisanes, mais des questions de civilisation.

La voix de la cohérence humaine
Pour comprendre que ce sujet transcende les partis, Ă©coutons le dĂ©putĂ© communiste StĂ©phane Peu . Son intervention Ă  l’AssemblĂ©e Nationale est un rappel salutaire : la loi « Fin de vie » ne pose pas un problĂšme de religion ou de camp politique, mais elle constitue une vĂ©ritable « rupture anthropologique ».
Lorsqu’il dĂ©nonce une « conception utilitaire et productive de l’homme », ce dĂ©putĂ© ne parle pas en tant qu’homme de gauche ou de droite, mais en humaniste. Il pointe du doigt le pĂ©ril majeur de notre Ă©poque : une sociĂ©tĂ© qui, sous couvert de libertĂ© individuelle, finit par juger la valeur d’une vie Ă  l’aune de son coĂ»t social ou de sa productivitĂ©.

Le soin n’est pas une prestation technique
Le silence mĂ©diatique autour de ces positions transversales est inquiĂ©tant. Pourquoi ne souligne-t-on pas que l’opposition Ă  cette loi vient aussi de ceux qui dĂ©fendent l’hĂŽpital public et l’égalitĂ© des soins ? Il est paradoxal de se prĂ©cipiter vers une « aide active Ă  mourir » alors que la loi Claeys-Leonetti n’est toujours pas appliquĂ©e partout et que le « plan grand Ăąge » reste une promesse lointaine.
Au moment oĂč l’individualisme triomphe, ouvrir la porte Ă  la mort provoquĂ©e, c’est risquer de fragiliser les plus vulnĂ©rables. En 2020, au plus fort du Covid, la France a mis son Ă©conomie Ă  l’arrĂȘt pour protĂ©ger ses aĂźnĂ©s. Ce choix n’Ă©tait pas politique, il Ă©tait moral. C’était l’affirmation que chaque vie a une valeur absolue, quel que soit son Ăąge ou son Ă©tat de santĂ©.

Le soin est une rencontre entre deux consciences, pas une transaction technique. Ce combat pour l’Ă©thique est universel. Il appartient Ă  tous ceux qui, au-delĂ  des urnes, croient encore que la dignitĂ© d’une sociĂ©tĂ© se mesure Ă  sa capacitĂ© Ă  accompagner la vie, jamais Ă  l’abrĂ©ger par commoditĂ©.

đŸ€— Intervention du dĂ©putĂ© StĂ©phane Peu, prĂ©sident du groupe communiste
20 févr. 2026
« La proposition que nous discutons reprĂ©sente une rupture que je ne suis pas prĂȘt Ă  approuver « 

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