đŸ€” Fin de vie : Vers une mĂ©decine aux ordres ou une mĂ©decine de conscience ?

Par Sergyl Lafont 9 février 2026.

Alors que l’AssemblĂ©e nationale s’apprĂȘte Ă  dĂ©battre Ă  nouveau du projet de loi sur la fin de vie ce 16 fĂ©vrier 2026, il est temps de nommer la rĂ©alitĂ© qui se dessine sous nos yeux : nous n’assistons pas Ă  une avancĂ©e des libertĂ©s, mais Ă  une mise au pas du corps mĂ©dical. Sous couvert de « compassion », le pouvoir exĂ©cutif s’apprĂȘte Ă  transformer les mĂ©decins et les pharmaciens en exĂ©cutants.

Les derniers arbitrages de la Commission des Affaires sociales de fĂ©vrier 2026 verrouillent le dispositif : les articles 10 et 11 du projet de loi subordonnent la clause de conscience Ă  une obligation de transfert de dossier « sans dĂ©lai », forçant ainsi l’objecteur Ă  se faire le premier maillon d’une procĂ©dure d’euthanasie.

Pour un mĂ©decin, refuser de donner la mort tout en Ă©tant lĂ©galement contraint d’en organiser la logistique n’est pas une libertĂ©, c’est une complicitĂ© forcĂ©e. Le message envoyĂ© est clair : le soignant n’est plus un sujet moral douĂ© de discernement, mais un rouage technique. On exige de lui qu’il mette son expertise au service d’une rupture du serment d’Hippocrate, sous peine de marginalisation administrative.

Le cas des pharmaciens est le plus rĂ©vĂ©lateur de cette volontĂ© de contrĂŽle total. Bien qu’ils soient au bout de la chaĂźne de dĂ©livrance, le texte actuel leur refuse obstinĂ©ment une clause de conscience explicite.

En rejetant les amendements visant Ă  protĂ©ger leur droit de retrait, le gouvernement transforme l’expertise officinale en une simple logistique de la mort. Forcer un pharmacien Ă  dĂ©livrer une substance lĂ©tale, c’est lui intimer l’ordre de nier sa vocation de guĂ©risseur pour devenir un prestataire d’État. Cette absence de protection juridique est une violence faite Ă  toute une profession, sommĂ©e de se soumettre Ă  la verticalitĂ© du pouvoir .

La fin de la liberté des structures de soins

La mise au pas ne s’arrĂȘte pas aux individus. Le rejet massif des amendements pour une clause de conscience collective (dĂ©bats des 19-21 janvier et dĂ©but fĂ©vrier 2026) sonne le glas de l’autonomie des Ă©tablissements.

EHPAD, hĂŽpitaux privĂ©s ou maisons d’accompagnement : aucune structure ne pourra plus garantir un sanctuaire protĂ©gĂ© de l’acte lĂ©tal.

En privant ces Ă©tablissements du droit de refuser la tenue d’une euthanasie dans leurs murs, on brise la pluralitĂ© de notre systĂšme de santĂ© au profit d’une uniformitĂ© imposĂ©e d’en haut.

La dignitĂ© d’une nation se mesure Ă  sa capacitĂ© Ă  soigner la vulnĂ©rabilitĂ©.

Le 16 fĂ©vrier, manifester prĂšs de l’AssemblĂ©e nationale sera un acte de dĂ©fense de la mĂ©decine.


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