Hippocrate face à la Loi : L’éthique soignante au défi du projet de loi fin de vie

par Sergyl Lafont – 8 fevrier 2026

L’examen du projet de loi porté par le député Olivier Falorni marque un tournant dangereux pour l’avenir des professions de santé. En ébranlant les fondements éthiques sur lesquels reposent la médecine et la pharmacie, ce texte ne se contente pas de modifier le droit : il opère une rupture anthropologique majeure.

Pour les médecins, ce projet impose une démission morale. En les arrachant au serment d’Hippocrate qui interdit formellement de donner la mort délibérément, il transforme le soignant — figure protectrice de la vie — en un simple prestataire de service létal. Sous couvert d’autonomie, le médecin se voit dépossédé de son expertise clinique : le texte s’appuie sur une perception purement subjective de la souffrance, plaçant les praticiens dans une situation d’insécurité morale totale. Dans ce contexte, la clause de conscience risque de devenir une simple fiction juridique face aux pressions institutionnelles et administratives.

Le sort réservé aux pharmaciens est particulièrement alarmant. Le refus d’une clause de conscience en commission les réduit à n’être que les logisticiens de substances dont l’unique finalité est de donner la mort. Cette obligation de délivrance trahit le serment de Galien et impose à ces professionnels une responsabilité pénale et morale insupportable, sans aucun recours possible. On ne peut réduire l’art de la pharmacie à une simple chaîne de distribution de poisons.

En ouvrant cette porte, le cadre prétendu « strict » de la loi Falorni est condamné à s’effacer. L’expérience de nos voisins le montre : sous la pression sociale et, à terme, budgétaire, l’euthanasie devient une norme de gestion de la fin de vie au détriment de l’investissement indispensable dans les soins palliatifs. C’est une pente glissante où la mort programmée risque de devenir une variable d’ajustement comptable.

Dans cette tempête, la discrétion des Conseils de l’Ordre interpelle. Une défense ferme de la déontologie est plus que jamais nécessaire pour ne pas laisser les professionnels de terrain isolés. Peut-on rester neutre quand le fondement même du soin, le « Primum non nocere », est sacrifié ?
Face à cette dérive systémique qui fragilise les plus vulnérables et dénature l’essence même des professions de santé, il est impératif que les députés entendent l’inquiétude légitime des professionnels de santé avant le débat en séance publique. On ne soigne pas en donnant la mort.

🤔 « Aide à mourir » : sourde aux alertes, la commission achève de façon express l’examen du texte

https://genethique.org/aide-a-mourir-sourde-aux-alertes-la-commission-acheve-de-facon-express-lexamen-du-texte/
Gènéthique : 1er média sur la bioéthique

Ces pays ont adopté l’euthanasie et inquiètent les soignants français
https://www.youtube.com/watch?v=U-kbDQwuEaM
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