La foi n’est pas ce que vous pensez.

Bernard BRO, o.p.

Editions du Cerf – 1988. p105-106.

1er janvier: Par amour, mes parents aujourd’hui m’ont appelé à la vie.

15 janvier: Mes premières artères apparaissent et mon corps se forme rapidement.

19 janvier: J’ai déjà une bouche.

21 janvier Mon cœur commence à battre.

22 janvier: Je ne sais pas du tout pourquoi maman se fait tant de soucis.

28 janvier: Mes bras et mes jambes commencent à croître. Je m’étends et je m’étire.

8 février : A mes mains poussent des doigts.

16 février : C’est seulement aujourd’hui que maman a appris que j’étais là.

20 février: Maintenant, c’est sûr, je suis une fille.

24 février : Tous mes organes se dessinent. Je peux sentir la douleur.

6 mars : J’ai des cheveux et des sourcils.

8 mars : Mes yeux sont finis depuis longtemps même si mes paupières sont encore fermées.

19 mars : Mon cœur bat magnifiquement. Je me sens protégée.

20 mars : Aujourd’hui, ma maman m’a fait mourir.

Cette évocation est à la limite du supportable. Mais elle aide à entendre ce qui se passe dans l’ordre de l’esprit.

Nous sommes des invités à la vie éternelle déjà commencée et nous sommes responsables de cette naissance éternelle. Aucune évidence ne nous contraindra jamais si nous n’acceptons pas de désarmer, d’admettre l’oxygène d’un autre, son message, son regard, sa vie, et pour elle de nous laisser attirer hors de nous-même, d’être à jamais blessés de cette séduction et donc d’être inguérissable.

« Celui dont la maladie s’appelle Jésus ne saurait guérir » . C’est un mystique musulman, Ansari, qui a écrit cela.

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