par Sergyl Lafont
Au crĂ©puscule de sa vie remplie de tant chefs d’oeuvre, Richard Strauss (1864-1949) Ă©crit son ultime opĂ©ra: « Capriccio », autour d’un question Ă©ternelle: les notes d’abord ou les mots? Comment relier les coeurs des humains?
Tandis que notre sociĂ©tĂ© avance avec angoisse dans la nuit au sein d’un ocĂ©an tempĂȘtueux peuplĂ© de chimĂšres, sommes nous tous destinĂ©s Ă ĂȘtre les jouets des forces obscures du monde politique dont les paroles mensongĂšres nous prĂ©cipitent sur les rĂ©cifs?
Dans la Bible (GenĂšse 11:1-9) la tour de Babel montre comment la «non-communication» est une tragĂ©die pour lâhumanitĂ©. La langue est un lien essentiel qui nous permet dâatteindre collectivement des objectifs communs.
Lorsquâil nây a pas de langue commune, tout s’effondre.
Il est donc grand temps de rĂ©enchanter le monde avec la musique de l’Ăąme et du coeur, seul vĂ©ritable langage universel.
Si l’amour et la mort constituent les ingrĂ©dients de base des livrets d’opĂ©ra, il en est de mĂȘme pour notre vie.
Le langage émotionnel, cette musique du coeur, nous sauvera si nous le désirons vraiment: elle est le langage commun de notre humanité, et notre remÚde.
Retrouvons la poésie des mots que les algorithmes et autres ChatGPT nous ont volé. Redécouvrons cette chaleur de la voix et du regard qui, seule, peut nous ouvrir sur une véritable communication .
Seule le rĂ©-enchantement du monde nous permettra d’Ă©chapper Ă la tragĂ©die.
Quelle que soit la folie de nos dirigeants, avec ses consĂ©quences imprĂ©visibles, la part divine de notre ĂȘtre demeure Ă©ternellement.
A nous de prendre Ă bras le corps notre avenir en redĂ©couvrant notre vie intĂ©rieure et la dimension spirituelle de notre ĂȘtre.
La musique du silence peut renouveler notre cathédrale intérieure si nous voulons bien chasser les marchands du temple et leur cacophonie abrutissante: faisons-nous respecter !
PersĂ©vĂ©rons courageusement pour protĂ©ger le plus important pour notre vie, c’est Ă dire ce coeur atrophiĂ© par les invectives intempestives des hordes de dirigeants ivres de « toute puissance », vĂ©ritable handicapĂ©s Ă©motionnels et spirituels vivant Ă la pĂ©riphĂ©rie de leur ĂȘtre et mort Ă eux-mĂȘmes!
Regardons avec courage la rĂ©alitĂ© de notre sociĂ©tĂ© : au fond, nous savons bien qu’en rĂšgle, les dirigeants Ă la tĂȘte d’un pays sont Ă l’image des actes des personnes qui le composent.
Tout est donc entre nos mains: le remĂšde Ă nos maux se trouve Ă l’intĂ©rieur de nous. Agissons donc Ă©nergiquement et « la beautĂ© sauvera le monde » comme le dit le prince Mychkine dans l’idiot de DostoĂŻevski.
đ RenĂ©e Fleming « scĂšne finale »
Capriccio Richard Strauss.
Théùtre du Chùtelet
Orchestre de Paris- Philharmonie de Paris
Christoph Eschenbach, direction.
May 23, 2002

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