« L’inhumanité infligée à l’autre détruit l’humanité en moi »
Emmanuel Kant.
Quand j’agresse, même inconsciemment, des êtres fragilisés, brisés, j’abime le monde dans lequel je vis et je blesse ma propre humanité.
Quand je néglige la bienveillance que je dois à autrui, car nous sommes tous de la même pâte humaine, j’endommage ce monde qui me permet de vivre, car tout est fragile, éphémère et digne de respect sur Terre, à commencer par moi, même si j’ai trop souvent tendance à l’oublier dans ma vie de chaque jour.
Depuis le jour de notre conception, et jusqu’à la fin de notre histoire, nous demeurons fragiles. Nous livrons un combat vital incessant pour préserver l’unité de notre organisme face aux forces chaotiques menaçantes qui l’entourent.
« L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre », disait Saint-Exupery.
Seul nos élans de solidarité, et nos échanges avec notre entourage nous permettent de survivre dans la durée, et tout ce qui nous divise, nous isole, tout ce qui nous conduit à nous agresser les uns les autres, conduit au chaos et à notre anéantissement collectif.
Nos sens continuellement stimulés par notre société nous poussent à nous délecter de plaisirs éphémères. Ainsi, il nous est de plus en plus difficile de réfléchir dans la durée aux actes nécessaires à notre survie. La tempérance nous est plus que jamais nécessaire, sous peine d’être détruit par la vaine poursuite d’instants fugitifs, car la conduite de notre existence ne peut se faire que dans le temps long de la méditation calme et sereine au fil du temps qui passe.
Quand on voit où conduit l’hyperconsommation pour peu que nous ayons de l’argent « à dépenser (!!!) », tout cela pour combler nos pulsions, nous rendant dépendant d’achats non contrôlés qui deviennent nos « doudous », nos « prothèses du bonheur », nous transformant en handicapés de la raison, on comprend à quel point il est plus qu’urgent de replacer l’humain au coeur de notre société et de notre système économique et social.
Adorer le veau d’or nous tue, alors, pourquoi rien ne change.?
L’accumulation de l’avoir n’est qu’une drogue dure qui va me rendre dingue en hypertrophiant mon EGO et en me plongeant dans le mirage dévastateur du sentiment de « toute puissance », tout cela au détriment de mon être, de mon âme.
A ce propos, le monde de l’Art et ses différentes formes d’expression sont des aides précieuses pour garder ouverte la porte de notre coeur et de notre univers intérieur afin d’unir nos sens et notre âme, et de sublimer le temps qui passe en « heures étoilées » comme le dirait Stefan Zweig.
L’apologie de l’eugénisme et son incitation sous forme masquée de la part des gouvernants de la plupart des pays fortement industrialisés est la conséquence d’une conception artificielle, passive et matérialiste du bonheur, qui, pourtant, ne saurait se commander sur le web!
La vie humaine est trop souvent détruite dés sa conception, et quasi tout le monde se focalise sur le droit de pouvoir pratiquer l’avortement à son gré, tout en banalisant à outrance cet acte, alors qu’il est urgent et absolument nécessaire de développer une politique de prévention efficace basée sur la protection de la vie, la réduction des inégalités sociales et l’éducation à une sexualité responsable, qui, hélas, ne semble pas faire partie des priorités de nos dirigeants.
Ce manque de considération pour la fragilité inhérente à la vie humaine est d’autant plus paradoxale dans notre monde d’aujourd’hui où l’écologie tient une place prépondérante, par ailleurs tout à fait justifiée, eu égard aux menaces qui pèsent lourdement sur notre environnement!
Les personnes âgées sont concernées par des débats dont les termes pour le moins ambigus tournent en réalité autour de l’euthanasie; « les vieux » coutent trop chers!
Les handicapés ne sont pas traités dans notre société avec les égards que la bienveillance élémentaire réclame. Pourtant il est nécessaire de bien comprendre que nous sommes tous fragiles! Le non respect de la fragilité humaine, quel que soit la forme qu’il prend, revient à s’autodétruire d’une manière ou d’une autre: il est grand temps de le réaliser!
Que sont les guerres et les conflits si ce n’est l’exacerbation non contrôlée d’une volonté de toute puissance de dirigeants ayant perdu conscience de la dictature du MOI contre laquelle nous, humains, devons lutter courageusement tout au long de notre pèlerinage terrestre, pour peu que nous cultivions l’exercice des vertus?
Puis-je me respecter et me sentir bien dans ma peau sans accueillir mon semblable qui est fragile, oui, comme moi-même je suis fragile? Puis-je applaudir a tout rompre d’avoir le droit de tuer un embryon humain tandis que je ne suis, en réalité, que celui-ci quelques années plus tard.? de quel droit justement.?
Nous ne pouvons pas demeurer humain sans les autres, sans le respect du fragile, sans mettre au coeur de nos priorités quotidiennes le respect et la bienveillance à l’égard de la vie, par essence fragile.
Notre travail, nos actions n’ont aucun sens si elles ne sont pas orientées vers la solidarité et l’entraide; la compétition avec les autres n’a de sens que pour grandir, que comme aide pour devenir plus humain, comme par exemple dans le sport. S’ouvrir à la différence, non pas pour se comparer, mais pour se comprendre et admettre que personne ne détient la vérité…si ce n’est Dieu.
Notre société ne peut survivre que dans le respect, l’ouverture et l’accueil des différences entre nous, ce qui suppose de partager le pouvoir pour tuer le pouvoir, qui n’est jamais légitime quand il ne résulte pas d’une adhésion du coeur. Pouvoir de quoi? Tout pouvoir est éphémère et la mort est notre avenir terrestre: la vérité est ailleurs.
« Je est un autre » disait Arthur Rimbaud.
Seul la véritable richesse est humaine. Tout ce qui n’est pas donné est perdu, et ce que j’ai donné, personne ne peut me le prendre.

Laisser un commentaire