Vous serez comme des Dieux.

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-Il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. 

Genèse 3:1-5

« J’ai simplement voulu mettre en pleine lumière, par le grossis­sement du mythe et de la tra­gédie, l’abîme qui sépare deux univers : celui de la na­ture et du temps où il est impossible de fixer à priori des limites aux progrès de l’homme et celui de la grâce et de l’éternité où Dieu seul peut nous introduire.« 

Gustave Thibon.

« À tant de chrétiens modernes qui acclament sans réserve tous les progrès temporels comme les effets et les preuves de la vocation divine de l’homme, je voudrais poser cette question-limite qui départage à jamais les hommes de l’avenir et les hommes de l’éternité : si, du jour au lendemain, la science supprimait la mort, que penseriez-vous de ce « plan de Dieu sur l’histoire » qui perpétuerait indéfiniment la séparation entre l’homme et Dieu ? Et surtout que choisiriez-vous ? De profiter d’une découverte qui vous priverait pour jamais de la vision de celui que vous appelez votre Dieu ou bien de vous précipiter dans l’inconnu pour le rejoindre ? Si vous optez pour la première branche de l’alternative, vous avouez que votre patrie est dans le temps et que votre Dieu n’est qu’une chanson de route dont se berce la fatigue d’une humanité en marche vers le Paradis terrestre.
Et ce Dieu-là se rapproche singulièrement de la dernière auberge de Baudelaire, du bouche-trou de Nietzsche ou de l’opium du peuple de Marx. Mais si, gorgé de tous les biens et de toutes les sécurités d’ici-bas, vous pouvez dire avec saint Paul : cupio dissolui et esse tecum, si vous désirez du fond de votre être voir Dieu, non plus dans le miroir de la création, mais face à face, alors vous êtes vraiment les disciples de Celui dont le Royaume n’est pas de ce monde et qui ne donne pas comme le monde donne. »

Gustave Thibon

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