« Tournez, dadas, sans qu’il soit besoin
D’user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds :
Tournez, tournez, sans espoir de foin. »
Paul Verlaine.
2025 : Une nouvelle année frappe à la porte.
Comme d’habitude, nous allons échanger nos vœux de « bonne année » avec nos proches dans l’espoir que la lumière triomphera des obscurités de notre monde.
Devant tous ces nuages sombres qui s’accumulent année aprés année, nous avons le désir ardent que « ça » change, et pourtant nous savons bien, hélas, que « cela » continuera comme avant…mais de quoi parlons-nous ?
D’année en année « Rien ne change », car nos actions pour l’essentiel tournent en rond au fil des jours, et l’actualité de notre monde ne fait qu’illustrer les travers irrémédiables de notre humanité qui s’approche dangereusement de l’abîme, en suivant une ligne droite qui semble immuable .
Toutes les nouvelles diverses que les flots du temps qui passe nous apportent ne semblent que des « variations sur un thème mégalomane » invariable, quelque soit l’instrument utilisé pour la mélodie.
A bien y regarder, l’actualité ne fait que confirmer la nature profondément figée de notre vie qui se cache derrière l’apparente variété des « faits divers », pas si divers que ça en raison de leur cause profonde commune…. Chacun, en permanence, tourne en rond sur lui-même autour de la source tumultueuse de ses sens, prisonnier de cet appétit de puissance qui guide la plupart de nos actes.
Notre humanité érige en permanence de nouvelles tours de Babel sur ordre de nos dirigeants, témoignages pathétiques de nos croyances en une puissance illusoire, et signe évident de notre refus d’accepter le caractère fragile et éphémère de notre vie.
Un tel aveuglement nourri cette peur sournoise qui nous harcèle sans répit: nous avons peur de la peur qui fait peur!
Chaque année, aux cotillons du nouvel an succède ce malaise qui pousse le monde actuel à se réfugier dans les bras de dictateurs déments que nous sollicitons de plus en plus fréquemment avec nos suffrages, avant qu’ils ne deviennent nos geôliers.
Serons-nous encore capables en 2025 d’un sursaut salvateur, de prendre conscience de nos faiblesses, de les accepter et d’apprendre à vivre avec, sans écouter les chants de Sirènes des imposteurs qui nous proposent d’illusoires protections qui nous emprisonnent ?
« Le jour baisse, il se fait tard » (Juges 19:9). Il est grand temps qu’en 2025 nous prenions (enfin !) conscience:
-Que notre liberté nécessite l’apprentissage de la maîtrise de nos pulsions et l’écoute attentive de cet enfant intérieur dont la voix est trop souvent étouffée par le brouhaha du monde.
-Que notre prison ne s’ouvre que de l’intérieur, et que ceux qui se présentent à l’extérieur de notre être comme des libérateurs nous vendent une protection illusoire, et sont des voleurs de nos libertés qui profitent de notre aveuglement pour nous contrôler afin de satisfaire leurs propres pulsions de puissance, dont ils sont les pitoyables esclaves.
Le monde n’est jamais que le macrocosme de nos microcosmes.
Les dictateurs qui prolifèrent et fracturent notre monde en nous opposant les uns aux autres, ne sont que la cristallisation dans le monde réel de nos fausses illusions de protection. Nous sommes des êtres vulnérables et nous ne pouvons exercer notre liberté qu’en respectant notre belle fragilité.
Faisons taire le dictateur en nous, si nous ne voulons pas le retrouver devant nous, afin que nos bulletins de vote ne concrétisent pas nos peurs dans le monde réel. !
Cĥérissons en nous cet enfant fragile et aimant que nous n’avons jamais cessé d’être au plus intime de nous-même, et l’année 2024 respirera la vie avec ses joies et ses moments difficiles, car ce sera notre vie.

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