« Il n’y aura plus d’#étrangers
On sera tous des étrangers
Dans les rues de…
Monopolis »
France Gall. Monopolis
Peurs, bruits de bottes…et chaos?
par Sergyl Lafont
«Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles»
Max Frisch.
Le monde a #peur.
La peur gagne notre #société. Les #médias déversent des nouvelles angoissantes chaque jour, et beaucoup se réfugient dans les bras de populistes manipulateurs qui tiennent des propos extrémistes qui calment leur craintes.
Pourquoi tout cela?
Quand tout se complique, que les dangers nous cernent de toute part, guerre, instabilité gouvernementale, #crise économique, catastrophe écologique, migrations massives de populations etc, l’instinct qui nous pousse dans des bras (soit disant!) protecteurs surgit au plus profond de notre être et nous envahit de façon irrésistible.
Les souvenirs de notre #enfance reviennent en force devant la peur, et les bras protecteurs de nos parents calmant nos craintes infantiles au temps jadis, remontent à la surface de notre mémoire.
Par ailleurs, quand tout semble trop compliqué, que les propos perturbants deviennent omniprésents, quoi de plus rassurant que des propos simplistes, évidents, surtout quand on ne se pose pas pour y réfléchir davantage: ces fameux « yaka faucon »???
Avec ces slogans où tout est en blanc ou noir, on croit (enfin!) tout comprendre, et on reprend confiance en soi, alors la peur s’évanouit devant ce discours simple et salvateur, et on ne se rend pas compte que l’on est complètement berné par des illusionnistes avides de #pouvoir.
Pourtant, si l’on se donne la peine de réfléchir un instant et de faire preuve de discernement, on s’aperçoit assez vite qu’un raisonnement simpliste est toujours «hors sol», qu’il ne tient pas compte du réel qui est toujours plus complexe qu’on ne le croit et demande une analyse fine, ce qui suppose un effort de notre part, dans le calme et la sérénité.
Il est tout à fait essentiel de se rappeler que rien n’est blanc ni noir, et que tout est gris en ce bas monde.
La #culture, si nécessaire à notre humanité permet d’acquérir le sens des nuances, sans lesquel tous les raisonnements sont biaisés et faux.
Le monde #numérique si envahissant du #smartphone et des réseaux sociaux déverse des slogans « à l’emporte piéce » qui ne peuvent satisfaire que des esprits paresseux et cupides.
L’habitude de la #lecture, si nécessaire à l’apprentissage du discernement, est en train de disparaître pour beaucoup d’entre nous.
La dictature de l’immédiat et de la prise de décision trop rapide «sur un coup de tête» nous envahit et nous condamne à terme au chaos social.
Toute #dictature est d’abord et avant tout ennemie de la culture, et seule cette dernière permet le « vivre ensemble » dans le respect et la tolérance en nous permettant l’apprentissage du contrôle de nos élans de #violence.
De plus notre monde numérique dirigé par les sociétés « GAMFAM » assoiffées de profits juteux tend à nous enfermer dans des bulles d’informations qui nous enracinent dans nos idées, en nous proposant sans cesse des informations qui vont dans le sens de ce dont nous sommes persuadés, afin que nous consommions toujours d’avantage d’articles qui vont toujours «dans notre sens», tuant ainsi dans l’oeuf, tout esprit critique.
Radicalisés, nous perdons ainsi le sens du dialogue respectueux, et nous nous appauvrissons par manque d’échanges avec tout ceux qui soutiennent des opinions différentes des nôtres, et pourraient nous enrichir.
Il nous faut non seulement cesser d’avoir peur du «différent», mais il nous est nécessaire de le retrouver, de le rechercher avec avidité, afin d’ échanger pour le plus grand bien de notre esprit.
Plus nous nous persuadons que « nous avons raison», que nous sommes détenteur de la vérité, et plus nous nous enfermons dans notre tour d’ivoire, dans la croyance d’une protection illusoire par çeux qui emprisonnent notre esprit avec leurs certitudes caricaturales et pathétiques, et bientôt nous périssons asphyxiés, enfermé dans le sac des illusionnistes qui organisent la dictature en la banalisant à outrance.
Nous sommes des êtres sociaux, dépendants et déterminés en grande partie par notre entourage pour la croissance de notre être et notre maturité, et tout ce qui nous éloigne des autres nous tue à petit feu.
Il est nécessaire de se souvenir que les fractures sociales sont a terme, mortelles pour nous autres, humains.
Nous n’avons pas le choix: accepter les différences d’opinion et de sensibilité avec autrui, dialoguer avec respect et une écoute attentive et bienveillante afin de retrouver l’unité et la cohésion sociale, ou demeurer persuadé que nous sommes les détenteurs de la raison absolue, et être impitoyablement écrasés par les semelles des bottes de la dictature qui viendront à leur heure, soyons en persuadé.
En cette période de Noël, ne restons pas bien tranquille dans nos pantoufles, dans l’illusion que tout va bien finir par se calmer comme par enchantement.
Réfléchissons-y; nous n’avons plus de temps à perdre, car il y a véritablement urgence.
Il faut sauver et respecter ce qui fait la richesse de notre belle humanité: la beauté de nos différences.
L’uniformisation mortelle nous cerne de toute part.
Le vivant n’est que diversité: il est grand temps de s’en souvenir.
« Le vent se léve!
Il faut tenter de vivre!’
Paul Valéry.

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