« Garde toujours dans ta main la main de l’enfant que tu as été » Miguel de Cervantès.
Que l’on soit croyant ou non, la période de Noël nous invite à nous rappeler que nous sommes des êtres humains fragiles et vulnérables dans un monde dur, et que seule la solidarité et l’entraide peuvent nous permettre d’habiter durablement un monde viable.
Plus l’actualité quotidienne nous accable (guerres, misère , impact du réchauffement climatique, etc..), plus nos peurs nous rattrapent et nous rappellent qui nous sommes, et nous incitent à quitter ce vain et pathétique château-fort de notre culte de la toute puissance, dans lequel nous avons trop tendance à nous retrancher dés que l’anxiété nous gagne quand l’actualité avec ses vagues déferlantes de nouvelles anxiogènes secoue tout notre être. Plus nous nous refermons sur nous même et plus la sève de notre vie abandonne notre être, qui n’est en réalité qu’échanges et relations, pour laisser place à une pâle survie en quête de sens, qui se dessèche progressivement, et qui n’attend en réalité si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, que cette mort qui viendra bien un jour ou l’autre.
Noël, pour les croyants, comme pour tous ceux qui ne le sont pas, c’est, au sein d’ une période de froid, d’obscurité et de jours très courts, l’espérance dans l’attente du retour de la lumière, du renouveau de la nature, et de jours plus longs et lumineux.
Noël, c’est le symbole de l’éternel combat du jour contre la nuit, des puissances de vie contre celles des ténèbres, et cette lutte, c’est bien la nôtre, qui durera tout au long de notre vie jusqu’à notre dernier souffle, car nous le savons bien: il nous faudra lutter et souffrir, même si des instants de joie nous donneront du répit: condition humaine oblige! .
Noël, c’est cet enfant qui nait dans la pauvreté, notre pauvreté radicale, et là encore, que l’on soit croyant ou non, ce récit évangélique nous invite à nous souvenir de la dépendance radicale dans laquelle nous sommes nés et nous avons grandi, et de cette fragilité qui nous habite tous, quel que soit notre état de santé et notre handicap éventuel: la fragilité nous tient au plus intime de nous même.
Le monde a peur. Nous avons tous trés peur. Peur de notre pauvreté existentielle que nous rappelle le misérable SDF blotti à notre porte, peur du voisin à qui nous négligeons trop souvent le simple et élémentaire « Bonjour, de peur de « trop » le connaître » au cas ou..etc..etc..! »
Noël, c’est l’occasion pour nous tous de nous pencher sur notre commune dépendance, et d’en tirer la nécéssaire conclusion. Nous n’avons pas le choix. Faire société est pour le bipède humain que nous sommes une nécessité: nous sommes des êtres sociaux par essence. Ne pas tenir compte de cette réalité, c’est se manquer de respect, se détruire et se condamner à l’abime et à cette l’obscurité que cette période de l’année nous appelle à vivre.
Que Noël, fête de de la naissance de Jésus pour les chrétiens et fête de la lumière pour tous, cette lumineuse flamme intérieure qui nous est confiée à la naissance et qui nous réchauffera le coeur tout au long de notre route, pour peu que nous soyons encore capable de veiller ensemble au coin de ce feu: de notre feu, si humain et si fragile.
Joyeux Noël à toutes et à tous!

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