Année après année, nous vivons dans un monde qui nous distrait de plus en plus de l’essentiel, c’est à dire, de nous-même!
Plongés dans ce tourbillon de stimulations perpétuelles nous nous perdons nous-même, et en oublions qui nous sommes.
Cernés par un monde numérique de plus en plus envahissant, et qui voudrait nous faire croire chaque jour un peu plus que la terre va s’arrêter de tourner si nous nous déconnectons ne serait-ce qu’une heure, nous sommes immergés dans un océan de sensations visuelles et auditives, auxquels s’ajoutent les stimuli gustatifs d’une alimentation de plus en plus trafiquée en molécules procurant des sensations fortes, nous conduisant lentement mais sûrement à l’obésité qui envahit notre monde.
Dans un tel environnement les neurones de notre cerveau s’habituent à une hyperstimulation constante qui fait que sans tout ce « bazar », nous ressentons très vite un malaise, une sensation pénible de manque, provoquant ainsi chez nous une quête compulsive de stimuli ( peu importe lesquels!!!) qui nous tenaille, pour le plus grand profit du business ultra juteux généré par les entreprises du numérique, qui ne demandent que celà.!
Nous sommes donc perpétuellement tiré hors de nous-même, nous nous oublions et nous vidons de notre propre substance, nous transformant ainsi progressivement en machines à consommer des sensations afin de répondre aux besoins pressants de notre chimie interne à l’affut de la moindre source d’excitation de nos sens.
Nous en arrivons même progressivement à nous persuader que seul les excitations sensuelles sont source de joie dans notre vie ,croyance alimentée par une communication bien orchestrée par une communication marketing omniprésente. Et comme tout s’achète dans ce monde de stimuli et de feux d’artifice éphémères, la guerre du pouvoir et du fric s’enflamme, avec toutes les conséquences que nous connaissons dans le monde du travail etc.. !!!
Si nous demeurons coupés de tous ces gadgets que la société nous apporte, la sensation de manque se métamorphose en ennui.
Paradoxalement, plus nous sommes entourés de gadgets pour stimuler nos sens, et plus nous devenons vulnérable et sujet à l’ennui, et ainsi la mélancolie nous gagne, notre goût de vivre s’éteint, notre flamme intérieur part en fumée .
Nous perdons notre intérêt pour les choses simples et naturelles qui nous entourent: les objets familiers de la maison, le temps qu’il fait, les nuages et les oiseaux… mais aussi toutes ces personnes qui sont là, prés de nous, que certes nous ne connaissons pas, et que nous ne sommes pas prêt de connaître avec notre attitude de consuméristes paumés…
Il est vrai qu’observer ce qui nous entoure, rompre la glace avec un inconnu en attendant un bus ou dans un bar ne fait pas tourner le business des marchants qui dirigent notre monde de marionnettes.
Cependant cela nous réconcilie avec nous même, avec la source de notre être, avec le réel de notre existence et toutes les beautés simples et vraies que le monde de l’art sublime.
Nous nous éloignons alors de tout cet étalage commercial polluant et sournois qui nous confisque notre existence au profit de toutes ces distraction éphémères qui nous privent de l’essentiel, et nous conduit à nous dire, à la faveur d’un instant de lucidité: à quoi bon vivre?
Il est donc grand temps de nous désintoxiquer de tout cela pour notre plus grand bien ainsi que celui de notre planète, puisque cette hyperconsommation est largement responsable des maux qui menacent notre Terre nourricière!
Se promener, échanger avec nos frères humains, admirer la nature ou les constructions de notre ville si nous sommes citadins, sont des sources gratuites et inépuisables de ressourcement.
Même le soi-disant mauvais temps n’est pas mauvais en soi et peut être la source de surprises gratifiantes puisque la pluie engendre des spectacles inattendus qu’il nous faut apprendre à regarder, et, pourquoi pas, photographier!
Ainsi en me promenant il y a quelques jours dans le magnifique Hôtel-Dieu de Lyon, ai-je pu surprendre de surprenants jeux de reflet de lumière que j’ai tenté de capter avec mon smartphone ! (…oui, bon, d’accord, j’ai un smartphone comme tout le monde, mais on peut aussi se servir de cet engin pour capter la nature…)
Je vous propose donc pour conclure une photo illustrant mon propos.
Acceptons donc l’ennui et ouvrons nos yeux!
Sergyl Lafont.


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