Tu es plus moi-même que moi.

Que serions -nous sans nos #secrets si lourds à porter, ces blessures qui ne supportent plus le soleil depuis longtemps, et qui suppurent en silence au fond de nos coeurs?

Qui serions -nous, si nous n’étions que ce que nos proches, nos intimes voient de nous, et croient en percevoir, si ce n’est des étiquettes?

Comment pourrions nous croire que nous nous résumons à « cela », ce que nos proches comprennent et perçoivent au travers de nos pauvres mots, de nos gestes désordonnés, de nos expressions et même de ce qu’ils peuvent connaître de notre histoire, tout cela étant si caricatural et si éloigné de l’intime? Nos moyens de communication, nos douces caresses demeurent si fades et si rudimentaires pour appréhender ce #mystére que nous demeurons à nos propres yeux, avec ces effluves qui affleurent notre conscience, et que nous affrontons seul, comme des vagues issues d’un horizon inaccessible. Notre corps sculpté par notre histoire au fil des jours, est peut-être l’unique vestige authentique de notre passé: cette singulière histoire que notre corps a traversé, senti, et dont il se souvient, tout en ayant laissé sur le chemin de la route ces petits cailloux des oublis qui soulagent les petit Poucet que nos sommes.

Qui peut nous connaître véritablement?

En vérité, personne, même pas nos intimes, et même pas nous-même, tant l’inconscient nous protège malgré nous de nos peurs.

Alors? Que reste-t-il, si ce n’est la connaissance de « ce » qui nous a fait naître, si il est vraiment là?

« Ce » mystère qui pourrait nous offrir le plus beau cadeau de notre vie quand notre enveloppe charnelle ne sera plus, quand ce rideau qui m’empêche la connaissance de la révélation complète de nous-même s’effacera, et que tout nous sera connu: nous pourrons enfin dire avec Arthur Rimbaud:

« Je est un autre »? Seul le créateur connait sa créature, et personne ne nous a fabriqué, sauf celui dont certains( dont moi-même) perçoivent la Présence, plus insistante jour après jour.

Quand j’observe ma vie passée, je vois bien qu’une main invisible m’a protégée du précipice quand tout semblait sombre et sans horizon. Il me semble de plus en plus évident que le hasard n’a pas les mains assez fermes pour contenir mon histoire, contrairement aux intimes que cette main a disposé le long de mon chemin de vie.

Et puis, il y a tous ces petits secrets, ces paquets que l’on dépose avec le temps dans sa mémoire, tout ce que l’on tait pour protéger les intimes et se protéger soi-même d’un abandon tant de fois redouté, ce « savoir vivre » de l’intime que l’on pratique pour soi, mais qui dépose son limon jour après jour et qui pèse de plus en plus avec le temps

Cette histoire secrète qui nous façonne et qui fait que l’insupportable légèreté du paraître nous ferait succomber, sans cette main bienveillante que nous devinons quand nous observons de loin notre route dans le rétroviseur de notre passé, cette main complice seule capable de séduire notre coeur, et alors, enfin nous esquissons ce sourire intérieur: OUI « L’au delà est un au dedans » (Maurice #Zundel).

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