VACANCES: Faut-il faire ses valises pour aller chez soi?

Les vacances: rechercher la vacuité, enfin, faire le vide! Oublier le fatras du quotidien et voir « autre chose »! Découvrir du nouveau!

Mais pourquoi faire ses valises si l’essentiel est en fin de compte de se retrouver « chez-soi », autrement dit « en soi »?

Pourquoi un « ailleurs » alors que notre désir le plus cher, si l’on est honnête avec soi-même, c’est de se recentrer et oublier temporairement tous les soucis du quotidien?

Bien sûr, découvrir d’autres régions que la sienne est intéressant, mais, au fond, est-ce bien là notre priorité, le but véritable de nos vacances, si bien sûr, nous avons la chance de faire partie des heureux élus qui peuvent se le permettre?

Notre vie est tissée d’une suite interrompue d’émotions qui nous submergent plus ou moins, nous emportent telle une feuille virevoltante au vent, et nous ravissent ou nous désolent au fil des événements qui passent.

Nous accumulons au fil des jours des tensions, des contrariétés, et tout de même des plaisirs de temps à autres, mais ceux-ci nous semblent bien trop éphémères pour « prendre le dessus », en fin de compte.

Tendus et stressés nous faisons nos valises avec la croyance en un « ailleurs » qui va régler nos problèmes comme par magie, nous purifier, et nous sommes persuadés de les quitter en faisant nos valises, mais nous oublions tout simplement que nous ne partons jamais qu’avec nous-même.

Se retrouver avec soi « ailleurs », ce n’est pas véritablement un « ailleurs »: nous changeons l’emballage de nos soucis, c’est tout.

Ils sont, hélas, toujours dans le paquet que nous sommes, en fin de compte!

Quand des vagues monstrueuses agitent l’océan, si nous plongeons nous trouvons enfin le calme aquatique sous la tempête.

Si nous apprenons à plonger en nous, à découvrir notre vie intérieure en fermant les yeux et en nous coupant de cette frénésie perpétuelle dans laquelle nous sommes immergés, nous prendrons alors conscience que le seul voyage nécessaire pour nous est un au-dedans de soi. Cette destination ne coûte vraiment pas cher; tout cela est simple, en vérité, mais ce n’est pas facile du tout, car il nous faut affronter alors nos peurs pour trouver la sérénité sous le trouble que provoquent nos tempêtes intérieures.

Partir loin ne sert pas pour aller loin en soi. Il est ,certes, absolument magnifique de découvrir notre terre et ses merveilles, mais notre monde intime est toujours avec nous, et le lieu de nos vacances aussi merveilleux soit-il, ne fera pas le ménage de notre être intérieur à notre place.

Il nous faut faire nos devoirs de vacances, mais, dans ce travail intérieur c’est nous qui sommes les patrons, et il y a du boulot à faire pour réaliser ce travail essentiel: se recentrer.

Bonne vacances pour ceux qui le peuvent, mais surtout: paix du fond du cœur à toutes et à tous!.

Edward Hopper. (1882 -1967).

Morning sun .1952

Columbus Museum of Art

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