Ballottés en tous sens par les mauvaises nouvelles qui s’accumulent: inflations, réchauffement climatique, instabilité politique, violences à propos de la réforme des retraites..etc…nous cherchons vainement une lumière au bout du tunnel.
Il n’est pas difficile de voir que beaucoup de français s’appauvrissent chaque jour d’avantage: il suffit de se promener dans la rue ou de prendre le métro! Face à l’accumulation des problèmes, le gouvernement apparaît faible, critiqué de toutes parts, avec un score d’approbation faible dans tous les sondages….
Comme le disait Paul Valéry (Notes -1919), « Si l’État est trop fort, il nous écrase, s’il est trop faible alors nous périssons »…Actuellement, nous sommes soumis quotidiennement aux chants des sirènes des partis extrémistes de droite et de gauche, dont les propos semblent déconnectés des réalités économiques et sociales. Par ailleurs les propos violents et incohérents échangés régulièrement à l’assemblée nationale par nos élus ne sont pas là pour nous rassurer, c’est le moins que l’on puisse en dire!!!
Pour garder l’espoir, rester optimiste et avancer courageusement face à une tel océan tempêtueux en direction d’un port plus serein, notre barque peut disposer de deux rames solides.
La première rame est celle de la volonté, vertu bien oubliée dans les discours, ou l’on préfère gommer cet atout dont chacun peut disposer à loisir, pour faire croire que toute réussite dépendrait uniquement de l’environnement, supprimer la notion de mérite, et caricaturer le tout en « méritocratie » illusoire.
Il est bien sûr indéniable que les inégalités sociales jouent un rôle de sélection primordial dans la réussite pour obtenir telle ou telle fonction dans la société, que les réseaux et les signes d’appartenance à telle ou telle classe sociale sont des atouts majeurs pour accéder à l’ascenseur social, comme les sociologues ont pu le montrer, et que trop de discours hypocrites minimisant cette réalité capital, ont été entendu.
En particulier, la puissance des réseaux d’influence divers qui ont promu nos dirigeants de gouvernements et d’entreprises etc..ne sont pas prêts de disparaître, puisque ceux qui ont le pouvoir en ont été les premiers bénéficiaires!
Cependant, il ne faudrait pas en conclure que le mérite est une notion erronée, et que les relations sociales seraient un déterminant exclusif!
En effet, avec des origines sociales quasi semblables, certains seront plus studieux, plus brillants, ou tout simplement feront preuve de d’avantage de volonté et de persévérance dans leur travail, que d’autres.
Il y a donc dans la génèse de toutes réussites, deux facteurs majeurs à considérer: le milieu social et les qualités individuelles.
L’expérience montre bien que dans notre société, ceux qui ont largement bénéficié, à l’évidence, d’un milieu social favorable justifient souvent hypocritement leur réussite en forçant le trait de leurs qualités individuelles, et ont tendance à « arranger » leur histoire personnelle pour renforcer et bien mettre en avant leur soi-disant mérite.
Quand à ceux qui ont largement réussi avec leurs qualités personnelles dans un cadre social très hostile, ils demeurent, à l’évidence, bien trop peu nombreux dans notre société, et ce point capital devrait alerter nos dirigeants!.
On pourrait dire, de façon très schématique, que les personnes de milieu favorisé font croire que le mérite est tout; celles appartenant à un milieu modeste soutiennent que le mérite n’existe pas et que notre avenir professionnel dépend exclusivement de la classe sociale. Hors tout le monde se trompe en orientant de façon aussi simpliste les mécanismes de la réussite à leur avantage!
Il est tout à fait inexact de dire que les classes sociales aisées n’ont aucun mérite pour faire proliférer leur avoir, et même pour le conserver, et il est également faux de dire que l’enfant d’un ouvrier serait irrémédiablement condamné par le destin à l’échec scolaire et à un métier faiblement rémunéré. En vérité tout le monde doit faire des efforts pour réussir, même s’il est évident qu’il est d’autant plus difficile de se faire une place au soleil qu’on ne bénéficie pas de l’aide culturelle et financière d’un environnement familial favorable.
Actuellement, des messages toxiques circulent abondamment dans les médias autour de la notion de travail. Non, travailler moins et moins longtemps ne rend pas plus heureux dans l’absolu, sauf si, comme c’est, hélas, souvent le cas, son travail n’apporte aucun sens à l’existence, et c’est bien là le point clé! Il faut que nos dirigeants abordent en urgence le problème tout à fait central dans notre société, des emplois qui usent l’homme sans le nourrir, ni au sens propre, ni au sens figuré.! Par ailleurs, pourquoi ne pas poursuivre tard dans la vie un travail enrichissant sur le plan humain et payé convenablement.?
Les problèmes liés aux inégalités sociales ne seront, hélas, jamais véritablement résolus, et le nivellement vers le bas du niveau scolaire et universitaire que l’on observe depuis trop d’années est une lourde erreur qui n’aide personne, et en particulier pas les étudiants défavorisés.
Il est urgent développer le goût pour l’effort et la volonté auprès de nos contemporains désorientés, et en faire comprendre la valeur dans la vie.
L’effort et la volonté sont des moteurs humains universels qui aident tout être humain quelque soit l’origine sociale, et ceci doit être rappelé avec insistance. Bien sûr, il est nécessaire d’oeuvrer pour faciliter l’accès aux études supèrieures aux étudiants brillants, mais de milieu modeste.
Croire que la réduction du travail facilité l’accès au bonheur est un leurre provenant d’une confusion en lien avec la nécessité d’avoir un travail porteur de sens, sans quoi tout travail parait fastidieux quel que soit le temps qu’on lui consacre!
Il convient de supprimer au maximum les travaux qui offrent très peu d’ intérêt sur le plan du développement de la personne. Cette action devrait être largement favorisée par la présence de plus en plus importante du monde numérique et de l’intelligence artificielle dans les activités professionnelles, à condition qu’il y ait une véritable volonté pour cela au niveau de nos dirigeants . Ce changement passe par la nécessité d’avoir une réelle possibilité d’accéder à une formation suffisante pour occuper des postes de travail adaptés.
La lutte contre la précarisation ne consiste pas uniquement à distribuer de l’argent à une population exclue de toute éducation sérieuse digne de ce nom. Elle consiste à inclure au maximum la population dés le plus jeune âge au niveau scolaire dans une véritable éducation au vivre ensemble et aux vertus morales qui font la base d’une vie en commun de la société.
Pourquoi parler de l’âge de la retraite de la même manière pour une caissière de grande surface, un maçon et un cadre qui travaille derrière l’écran de son pc, bien au chaud l’hiver? Quel sens cela a-t-il?
La fracture sociale, le manque d’intérêt pour certains travaux et le rejet grandissant pour un gouvernement qui tergiverse et n’a pas une considération suffisante pour le monde ouvrier ne peut qu’aboutir au chaos social, et ceci d’autant plus que nos dirigeants ont encensés à outrance ces personnes en les arrosant copieusement de promesses, alors qu’ ils avaient un rôle tout à fait crucial pour nous tous durant la pandémie COVID19 en 2020! Qui reparle de cela aujourd’hui !??? .
C’est avec tout son coeur qu’il faudrait faire de la politique. Il faut sentir les hommes ,et être proche d’eux. Tout le reste vient après.
Tant que les nantis croiront qu’ils ont plus de mérite que les ouvriers et que c’est pour cela qu’ils sont plus riches, et tant que les ouvriers croiront que les patrons passent leurs journées à ne rien faire, et à attendre que tout leur tombe rôti dans le bec, et que cela suffirait pour faire croître une entreprise et leur patrimoine dans notre monde industriel de compétition acharnée, on n’avancera pas.
Par dessus tout, il faudrait que chacun d’entre nous reconsidère avec grande attention l’intérêt et le rôle de l’ accumulation de l’avoir, du pouvoir et de l’argent dans son existence, et le lien avec son épanouissement dans sa vie. Nous mourrons d’un excès d’appétence pour la fausse richesse entretenue par un monde manipulatoire de pubs envahissantes et omniprésentes, et d’un oubli dramatique de notre être intime ,qui en définitive seul compte. Le monde crève littéralement de ça!
La deuxième rame de notre barque pour naviguer dans l’existence perturbée qui est la nôtre est la dimension spirituelle.
Je crois que seul la découverte de la dimension spirituelle de l’homme peut sortir de l’humanité de ce brouillard dans lequel nous sommes plongés; sans cela nous évoluerons vers une terre peuplée de dictatures autoritaires, au main de quelques multi milliardaires qui s’entretueront et anéantirons la planète.
Notre monde semble de plus en plus dirigé par des individus robotisés, qui demain seront vraisemblablement remplacés par de véritables robots qui détruiront le peu qui restera d’humanité, pour laisser place à une horde de zombies . Le monde est cerné de toute part avec des dirigeants dans le déni, qui dirigent des peuples de plus en plus souffrants qui ont parfois des éclairs de lucidité dans le regard, porteur d’espoir…
Si nous persévérons à développer un monde sans imprévu, sans regard tourné vers l’autre, avec sa belle et humaine fragilité, et sans coeur, nous sommes foutus!
Un monde formé d’êtres qui sont capables de bâtir leur bonheur au détriment d’autrui et dans l’indifférence à la souffrance ainsi crée, est un véritable enfer.
Il nous serait nécessaire de faire une pause silencieuse et salutaire, une véritable retraite pour réfléchir à toutes ces choses essentielles de nos vies, c’est à dire celles qui donnent véritablement du sens, alors que les news, aussi omniprésentes qu’insipides troublent en permanence notre discernement au quotidien.
Pourras-t-on faire l’économie de catastrophes nucléaires, écologiques, numériques, transhumanistes, etc .. avant de pouvoir éventuellement nous relever?
Nul ne le sait.
À y bien regarder toutes ces épées de Damoclès proviennent d’un atelier identique, construit par notre EGO surdimensionné ,qui nous menace tous au fond de notre être: nous risquons de mourir de vouloir devenir immortel.!
Dans le brouillard dense dans lequel nous sommes plongés, la vie spirituelle de chacun me parait tout à fait essentielle à la bonne marche de la société. Quand l’actualité foisonne d’informations angoissantes dans tous les sens, et que l’on ne perçoit aucune issue au bout du tunnel, l’idée qu’un « Dieu » a solution à tout et nous guide, peut être rassurante et porteuse d’espérance, à condition de le fréquenter.
« La plupart des vies, malheureusement sont des cadavres d’humanité…la plupart des hommes sont portés par leur biologie au lieu de la porter. Ils meurent avant de vivre… C’est pourquoi le vrai ;problème n’est pas de savoir si nous serons vivants après la mort, mais bien si nous serons vivants avant la mort. »
« A l’écoute du silence. »
Maurice Zundel.

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