De curieux milliardaires envisagent d’embarquer l’humanité sur la planète Mars, alors que l’ultra capitalisme débridé dont ils ont largement bénéficié rend progressivement notre Terre inhabitable. D’autres extra-riches travaillent sérieusement sur le marché jugé juteux du tourisme spatial. Simultanément, la pauvreté explose un peu partout.
La santé psychique des puissants de la planète inquiète de plus en plus, et à juste titre, le commun des mortels. Comment peut-on se focaliser sur les voyages spatiaux touristiques, tandis que plus de la moitié des humains vivent dans la précarité la plus extréme? Et même sans aborder le sujet dramatique de la pauvreté dans le monde, quel plaisir peut-on éprouver de s’ « envoyer en l’air » de la sorte? Comment peut-on utiliser sa fortune pour être les « heureux » bénéficiaires d’un voyage spatial sans songer à un usage plus intelligent de son argent? Les actions pathétiques des grands « vainqueurs » du capitalisme débridé sont la démonstration même de l’aberration du système dans lequel une grande partie de l’humanité est enfermée. Désirer avoir le plus grand yacht du monde ou pérorer auprès de son entourage que l’on a silloné l’espace, tandis que le déjà très fortuné voisin n’est allé qu’à « St Barth » dans un palace dénote de la plus extrême inanité. Je suis toujours étonné de voir les psychiatres si discret concernant de tels agissements: n’est-on pas dans le domaine de la psychopathologie?
Déclarer que l’humanité ira bientôt sur Mars est du « grand n’importe quoi » à moins que ce ne soit une façon de faire parler de soi qui dénote d’un EGO surdimensionné associée à une maitrise de la communication/marketing à un degré d’excellence qui me dépasse très largement! Surtout, il apparait absolument scandaleux devant le spectacle de ce monde en souffrance, que tant de milliards puissent être dépensés pour le seul plaisir éphémère des sens. Ne faut-il pas être déshumanisé pour manquer de sensibilité au point d’ avoir de tels « loisirs », disproportionnés à l’extrême, pour rassasier ses désirs, le tout sans éprouver de culpabilité dans la dilapidation de tant de biens, tandis que la misère est si grande?
Alors que nous sommes tous obligés de faire de grands efforts pour tenter de sauvegarder notre terre et sauver l’humanité, peut-on impunément avoir des activités aussi irresponsables, sous prétexte que l’on est « puissant » ?
Cette question capitale me parait particulièrement pertinente en cette période de Noël, ou le consumérisme exacerbé côtoie ce qui reste de Christianisme dans notre monde. Au plus profond de l’Être humains s’opposent deux puissances antagonistes: l’amour et la charité, porteuses de vie, et l’opportunisme et l’indifférence à autrui, vecteur de mort. De la victoire de l’une de ces deux forces dépend notre avenir à tous.

Laisser un commentaire