Vivre sa fragilité.

Si nous sommes tous fragiles, nous sommes effrayés de l’être au point de jouer la comédie pour ne pas le paraître.
Pourtant notre émouvante fragilité exprime la beauté de notre coeur permettant le rapprochement des hommes, pour ne pas mourir de froid dans notre monde!
Quand j’exprime ma vulnérabilité avec sincérité, j’ajoute un peu de vérité au monde. Être vrai, c’est apporter de la chaleur dans ce monde frigorifié par nos peurs. Nous avançons masqué vers les autres, apeurés de nous mettre à nu, pour ne pas paraître ridicule au regard d’une convention sociale imposée par la dictature du formatage que la société voudrait nous imposer.
Communier à nos faiblesses nous réconforte, en sollicitant la rencontre de nos êtres profonds et l’ embellissement de nos âmes.
Comment être joyeux ensemble, si nous ne pouvons pas échanger nos tristesses? La vérité ne supporte pas le clair-obscur: elle veut tout!
La mise en valeur de nos fragilités par l’expression de nos émotions est également à la base de la création artistique.
En exprimant nos émotions en lien avec le fragile, notre cri de l’âme se sublime en beauté. Les artistes créent souvent leurs plus grands chefs -d’oeuvres en période de grande fragilité.
Quand nos faiblesses se rappellent à nous, elle éveillent notre artiste intérieur; à nous, alors, de trouver le vecteur d’expression de notre propre cri : écriture? musique?, peinture?…. Ce cri nous soulage de nos sentiments ternes. Utilisons nos émotions, transformons les en beauté si nous ne voulons pas être submergé par notre mal-à-dire, qui peut devenir maladie!
Exprimer nos fragilités nous grandit dans un monde qui nous étouffe dans une uniformisation mortelle!
Le monde du travail demeure souvent hostile à toute expression du fragile, préférant le jeu de rôle, avec comme acteur principale le cadre jeune et dynamique qui adhère à la stratégie imposée de l’entreprise: une personne forte, bien « polie », et sans aspérité…cad un mort-vivant émotionnel, remplaçable demain par un robot!
Le raz-le bol exprimé par la mode du « quiet quitting », et la désaffection des jeunes diplomés pour certains emplois en entreprise montre bien qu’ils ne veulent plus jouer une comédie imposée, mais veulent travailler en exprimant leur identité, cad leur fragilité, dopant ainsi leur créativité pour le plus grand bénéfice des entreprises dont les dirigeants auront compris le message!
Une prise de conscience urgente est nécessaire.

Laisser un commentaire